Thursday, April 19, 2007



2007-03-30 De Holguin à Gibara: 35 km

Température: beau soleil, vent de face.

Pas de moustique cette nuit mais réveil très tôt au chant des bébés qui pleurent et et au tam-tam des petits enfants qui courent dans la maison d'à côté ou du dessus, je ne sais pas. Les camions aussi se sont mis de la partie. On déjeune dans la cuisine même de la maison. Bol de salade fruits. Je n'ai jamais mangé une aussi bonne papaye, avec bananes et ananas. Puis, omelette, pain sec comme il se doit et gelée de goyave délicieuse, terminé par un café au lait. Proprio super gentil, il réserve pour nous à la casa "Vitral" à Gibara. On part dans la tohue de la ville. Rues étroites à sens unique où les vélos sont aussi importants que les autos sinon plus. On débouche sur une artère qui nous sortira de la ville. C'est comme une piste à obstacles entre vélos, camions, charrettes à cheval, autobus, piétons, auto, motos, bicitaxi, etc. On passe devant la seule fabrique d'orgues de Cuba. Il faut le savoir, devanture de rien du tout. Ils en font environ huit par année. Ils font aussi des guitares et autres instruments de musique.

Ouf! Sortis de la ville. Belle campagne valonneuse. Il me semble qu'on descend plus qu'on monte. C'est agréable. Je me sens plus à l'aise aujourd'hui sur mon vélo. Le vent de face fait contrepoids au soleil pour nous protéger de la cuisson. Belle photo d'une école rurale avec un cheval stationné en avant. C'est le prof ou un élève qui est venu à l'école à cheval?

Une longue descente serpentine nous emmène au bord de mer par où nous entrons à Gibara, petit port de mer qui a déjà été fameux. Une des plus vieilles villes des Amériques. Cristophe Colomb serait arrivé tout près d'ici. On devine très vite qu'elle a déjà été riche par son architecture coloniale. Elle dégage cependant un aura post-apocalyptique. De belles demeures délabrées, sans fenêtre, parfois sans toit. Des fontaines sèches à moitié mangées par le sel marin, des aménagements paysagers qui se devinent, laissés à l'abandon, un théâtre en plein air décrépi, etc.

On trouve facilement la casa Vitral. L'intérieur fait contraste avec l'extérieur. Bien entretenue, immense, meubles d'époque. On ne peut pas nous recevoir, la maîtresse de la maison est malade. On nous réfère à une autre maison. Le proprio vient nous chercher. Tourne à droite, à gauche, à droite, où sommes-nous? Ah! La mer est là au bout de la rue, bon point de repère. Ici comme ailleurs, on ne peut pas prédire ce que l'on trouvera à l'intérieur de la maison en se fiant à sa façade. C'est tout à fait vrai le dicton:"L'habit ne fait pas le moine!" en ce qui concerne les maisons de Cuba. Belle coloniale, haut plafond en bois laissé au naturel, murs blancs, richement meublée, jardin intérieur, dentelles.

Après une douche chaude dans une immense douche de céramique blanche, nous partons à la découverte de Gibara à pied. On prend le dîner aux crevettes au resto El Faro avec vue sur la mer. Plusieurs touristes venant d'un club tout compris de Guardalavaca sont venus manger ici. On dirait un groupe de prisonniers ou de malades en sortie spéciale. Ils sont tous identifiés par un bracelet de couleur, au cas où ils se perdent? Une sorte de troupeau guidé par des guardiens cubains. Ils sont bien sages et dociles. Ils retournent aux taxis sans rouspéter. Je me sens tellement libre à côté d'eux. Tout est une question de point de vue (j'ai déjà porté ces bracelets sans me sentir ni prisonnière ni malade pourtant).


Au bord de l'eau, deux garçons multiplient leurs prouesses dans un kayak, bien conscients du regard amusé?, intéressé?, admiratif? de trois jeunes filles.


Visite du petit Fort en restauration sur le bord de la mer. Petit pont levis. Charmant! Ensuite, les parcs de la ville et l'Église. Les arbres africains d'où pendent de gros fruits en forme de pénis. Quelle honte devant l'église! Puis, on monte au Mirador où se trouve la forteresse en ruine. Une petite bière au vent en admirant la ville, les moutons sur la mer, la bateaux épaves tout rouillés. Deux petites filles de 8 ans me demandent crayons et cahiers. Dommage, je n'en ai pas. Elles me rappellent Agnès et Alex au même âge. Mêmes rires et regards espiègles. Des chèvres en liberté sautent le parapet. Un homme se découpe des semelles de souliers en carton. Deux couples se promènent en buvant du rhum pur à la bouteille.

On redescend, visite de musées: histoire naturelle et arts décoratifs. Le premier est le leg d'un cubain qui a étudié aux États-Unis. Il était denturologiste et taxidermiste. Cherchez le rapport! Son leg: collection d'oiseaux empaillés, tortues, coquillages, poissons, papillons, minéraux, allouette! Le deuxième: ancienne demeure d'un riche commerçant espagnol. On y trouve de la porcelaine de Limoges, vase en cristal de Bohème, chandelier en Murano, meuble de toilette en marbre de Carrare, vaisselle d'Angleterre, de France, mobilier de style Médaillon, Roccocco, statues en porcelaine de Paris. Les plafonds immensément hauts, percés de trous tout autour pour laisser échapper la chaleur, portes dont le haut sclupté ne va pas jusqu'en haut pour permettre une bonne ventilation entre les pièces. Dans la cuisine: meuble réservoir d'eau , 5 ronds de poêle chauffés par des chaudières de charbon; un filtre à eau en grès, l'eau se filtrait et refroidissait en traversant la paroi poreuse, recueillie dans une jare de grès étanche. Il y avait même un jardin intérieur avec rigoles pour amasser les eaux de pluie. Quelques proprio se sont succédés puis l'État a confisqué la maison et en a fait un musée.

Ballade sur le malecon, muret qui protège des vagues de la mer. Deux statues se font de l'oeil près de la mer. Une femme entièrement nue nono identifiée et un homme, un soldat en uniforme, casque, pistolet, machette, carabine et cigare avec écrito le louangeant. Interprétations libres!

Retour à la casa. On a droit à un souper gastronomique préparé par un vrai chef cuisinier (2 ans de cours à Holguin, 6 ans de travail aux hôtels de Guardalavaca); espadon (aguaja), congri, salade, etc. dans une belle petite salle à manger (comedor). À la fin du repas, on pique une bonne jasette avec le cuisinier et les propriétaires, Roberto et Norkis. Je réussis à parler un peu et je comprends beaucoup. Greg commence aussi à comprendre. Leur garcon est médecin à la Havanne, leur fille est psychologue au Texas, lui a été professeur. Maintenant, il travaille avec sa femme pour l'église Adventice. Ainsi, ils ont pu voyager dans plusieurs pays, invités par l'église. On parle des avantages et inconvénients du système de Fidel. Ils y trouvent plus d'avantages que d'inconvénients même s'ils s'ennuient de leur fille. Elle ne peut venir les visiter qu'un fois aux 3 ans.
2007-03-29 De Guardalavaca à Hoguin: 60 km

Température: pas de pluie! Soleil et nuages.
Route: valonneuse avec quelques longues côtes.

On n'a pas bien dormi ni l'un ni l'autre. D'abord, j'ai décidé d'aller dormir dans l'autre lit. Chaque petit mouvement de Greg se répercutait sur moi par le matelas. Ensuite, les moustiques. Les maudits maringoins! Sont-ils nécessaires aux éco-systèmes? Non mais vraiment, c'est une peste! Toute la nuit, j'ai sommeillé entre leurs attaques vicieuses. Greg a diminué leur possibilité d'entrer dans notre forteresse en mettant une serviette au pied de la porte. Puis, il y avait une odeur que je ne saurais décrire. Pour trois fois le prix d'une casa particular... il faut bien être à Guardalavaca!

Petit déjeuner au restauant la Roca, belle vue sur la mer. Une peu tannés des huevos (oeufs), on prend des tostadas (toasts), marmaleda y queso (fromage), naranja (orange) y cafe con leche. Leur pain est toujours un peu sec et sans goût. Même le pain d'hier soir, on dirait du pain hot-dog cheap un peu sec. C'est pour dire! Par contre la marmelade de goyaves était succulente tout comme l'orange et le café.

Enfin, on quitte ce motel décevant mais je suis bien contente d'avoir goûté à la mer (au figuré et au sens propre). La route est belle, le pavé en meilleure condition que ce qu'on a connu jusqu'à maintenant. Ça roule plus vite. Beaucoup d'autobus de touristes dont certains autobus chinois, signe de leur présence ici, même si on ne voit pratiquement aucun visage asiatique. Moins de charettes à chevaux et encore moins de charettes à boeufs. Encore pas mal de vélos et de camions qui dégagent une fumée noire axphyxiante. Je prends en photo un autobus bien spécial, qui me fait un petit serrement au coeur: un autobus jaune de chez nous. Oui, oui, avec "Écoliers" écrit devant et derrière, bien en vue. C'est le deuxième qu'on voit.

L'environnement nous paraît moins pauvre que les derniers jours. Maisonnettes mieux entretenues, végétation plus luxuriante. Montagnes aux allures particulières en arrière-plan. Certaines ont l'air de champignons.

Près de Holguin, on s'arrête acheter bananes et oranges à un kiosque en bord de route. Mmm! C'est bon!

Arrivés à Holguin, on est accueillis par la statue de Che jalousement gardée par un soldat. Il se méfie de nous quand il me voit me rendre près de la statue. Je lui demande de l'oeil si on peut prendre une photo. Il fait signe que oui. Une fois partis, il vient inspecter l'endroit. Qu'aurions-nous pu y faire de mal?

On trouve notre chemin dans le dédale de sens uniques jusqu'à la casa particular qu'on avait choisie. La dame dit qu'il n'y a pas de place mais seulement après qu'on lui ait dit que c'était pour une nuit. Elle nous conduit à une autre casa. Garage pour nos vélos. Jolie chambre. Eau chaude pour la douche. Accès à un jardin intérieur. L'homme de la place, très gentil, parle quatre langues: espagnol, français, anglais et allemand. Il se dit poète et nous récite sur le champ un poème qu'il a composé en français. Les trois amis: l'amour, la vie et la lumière. J'en ai des frissons. On apprend plus tard qu'il est aussi ingénieur électronique, diplôme jauni au mur: 1982. Il n'a jamais travaillé dans sa branche: $15.00 par mois. C'est plus payant d'aider ses parents à tenir la casa particular. Quand il apprend que Greg est médecin, il lui demande de prendre la pression de sa mère. On se rend donc à l'arrière de la maison où elle est couchée. Prothèses aux hanches. Pression 160 sur 100, pouls à 60. Médicaments qu'on n'utilise plus chez nous. Sachant que je suis psychiatre, il parle de l'anxiété de sa mère. Devinez quoi? On l'a fait se lever et marcher. C'est bon pour la pression, pour ses jambes et pour l'anxiété, non? Il nous remercie avec un bon café cubano. La dame nous parle de ses deux garçons et de ses petits-enfants. Je réussis à la comprendre et lui parler un peu. Je traduis pour Greg.

Sortie en ville. On fait la découverte des parcs mais pas avant de prendre deux bières et sandwichs au pain sec avec fromage genre Kraft (20 minutes d'attente pour faire un sandwich?) sur une terrasse d'où on regarde les passants. Deux ivrognes nous repèrent facilement et mendient. Ils n'insistent pas. La population ici comme à la Havanne est une vraie macédoine de divers phénotypes: noirs, latino, européens. Il ne manquent que les asiatiques. Ils sont fiers de leur apparence, coquets, bien mis. C'est autre chose pour les édifices. De si beaux édifices aux allures espagnoles en décrépitude. C'est triste à voir. Fenêtres manquantes, la pluie y entrant, combien de temps avant qu'ils ne tombent en ruine.

On découvre des magasins, quelques restaurants et plusieurs musées. Aucun effort n'est mis pour attirer l'oeil. C'est froid, très ordinaire, presque caché. Rien pour attirer les touristes. On n'en a vu que deux d'ailleurs. Quelques téléphones cellulaires, beaucoup de téléphones publics. Il n'y a d'esthétiques qu'eux-mêmes et peut-être l'intérieur des maisons, bien caché aux yeux des passants.

On mange dans un resto recommandé par nos livres: Dimar. Les crevettes sont bonnes, c'est vrai mais il n'y a aucune ambiance. Les gens entrent surtout y acheter de petits flacons de rhum, peu de bouffe. Et la toilette? Pas de siège, le tour mouillé d'urine et pas de papier de toilette. Faudra trouver un autre resto la prochaine fois. On continue notre tour des parcs. Toujours la même impression d'une petite ville qui a déjà été élégante et qui est maintenant à l'abandon.

Retour à la casa. J'écris en me berçant dans le jardin intérieur au son de la musique locale et américaine, en buvant rhum et Pina Colada.

Quel bonheur!

Wednesday, April 18, 2007

2007-03-28 De Banes à Guardalavaca: 37 km

Température: encore des averses mais moins.

Petit déjeuner dans notre petite cuisine privée. Départ ensoleillé sur une route encore mouillée. Très beaux paysages aujourd'hui ce qui veut dire aussi de bonnes côtes à monter et à descendre. C'est encore moi qui ai un petit problème. Mes freins sont mous, je dois m'arrêter en descendant en allant dans l'herbe sur le côté. Ça fait peur! Je descends à pied. Puis, comme mes feins semblent corrects dans les côtes suivantes, j'essaie à nouveau dans une côte très pentue. Ce n'est pas une bonne idée. Je réussis à arrêter mais quelle peur! Il n'y avait pas de bord remontant sur le côté. Je descends encore à pied. Décidément, lorsque la pente est aiguë, mes freins n'y arrivent pas. Il faudra arranger ça.

J'ai manqué quelques belles photos à cause de la pluie. De gros cochons noirs mangeant sur le côté de la route. Une famille de cochons dont un petit veut traverser la route tout seul. Les cochons se fichent complètement des vélos. Ils ne sont pas peureux comme les chèvres. J'ai aussi vu un beau petit cochon tout rose dans un potager.

Devant plusieurs maisons, une éloge aux prisonniers cubains coincés aux États-Unis, genre de petit cimetière avec un écriteau disant: "Volveran!" Ils reviendront.

On arrive à Guardalavaca vers 12h00. Comme Greg a de la difficulté à prononcer ce nom, il mélange les syllabes, je lui propose un moyen mémotechnique. Guarda veut dire garde et vaca veut dire vache. Donc, on s'est rendu à Garde la vache.

Curieusement, voir les gros complexes hôteliers me fait du bien, me calme, me rassure. C'est comme aller au McDo à l'autre bout du monde, on se sent tout à coup chez soi. On s'arrête sur le bord du chemin pour regarder dans nos livres une suggestion de logement. Il n'y a pas de casa particular à Guardalavaca. Deux canadiens anglophones bien dodus s'arrêtent nous parler. Ils ne peuvent pas nous aider, ils ne connaissent que les gros hôtels. Parler en anglais me paraît tellement familier.

Enfin, on se rend à Villa Cabanas, le parent pauvre du complexe mais bien situé, près de la plage, des restaurants et pas cher. On a un certain plaisir à trouver des endroits pas chers comme si on avait encore 20 ans et qu'on voyageait sans le sous. Ce n'est pas de l'avarice. C'est qu'on ne veut pas vieillir.

Bel après-midi à la plage, l'eau est chaude. Pas de poisson à voir, seulement un gros canadien bien rouge homard aux fesses blanches. Il vient de décider de mettre son costume de bain coupe-crotte. C'est comme ça que les français appellent les G-strings. Nommés de cette façon, je n'ai plus envie d'en porter.

On achète bière et rhum qu'on déguste tranquillement devant notre motel. C'est la farniente. Et, on arrange mes freins. Puis, on mange du poisson dans un restaurant au bord de la mer.

La journée se termine devant la TV. On se fait l'oreille à l'espagnol avec fond de vent dehors. Tout un vent!

Adam nous a enfin écrit un message: "Oui!" à la question s'il allait bien. Merci Adam pour ton beau message élaboré.








Tuesday, April 17, 2007

2007-03-27 De Mayari à Banes: 58 km

Température: plusieurs averses chaudes.
Déjeuner avec nos camarades espagnols. Ils parlent Valenciana entre eux, dialecte qui ressemble plus au français que le Catalan. Eux iront à une plage aujourd'hui puis à une montagne demain pour ensuite retourner à Santiago et faire la boucle sud-est. Ils nous invitent mais on décide de partir seuls. Étonnant, n'est-ce pas? Ils nous racontent leurs aventures de voyage. Une nuit cachés au campismo fermé, une nuit sous la tente à la plage avec les maringouins, une nuit dans un dortoir étudiant infesté de coquerelles et de merde. Yark! On va à Banes!
Les places oèu les étrangers peuvent dormir à Cuba sont rares et les gens ne sont pas libres de nous inviter chez eux. S'ils se font prendre, ils doivent payer une amende qui correspond à un an de salaire. Imaginez ça chez nous!... Et quand je pense à tous les motels, hôtels et BB dans tous les villages chez nous, qui peuvent accueillir tout le monde. C'est comme les magasins. On ne les voit pas. Oèu achètent-ils leur linge? Les maisons ne semblent pas très propres, comment font-ils pour être si propres sur eux-mêmes? Comment vivent-ils? Oèu achètent-ils leur bouffe? On ne voit pas de marché. On aperçoit de petites pharmacies, barbiers, écoles, centres de santé. C'est tout.
On revient sur nos pas sur 16 km puis on prend une route de campagne (comme s'il y avait autre chose que des routes de campagne!) très peu achalandée. On passe des plantations de cannes à sucre et de bananes. Je fais très attention quand on rencontre des chèvres maintenant. Les chiens sont bien plus intelligents. Ils nous regardent et semblent comprendre que ce serait dangereux de venir devant le vélo mais les chèvres ont un regard vide, bête. Elles n'y comprennent rien. Elle sont juste jolies.

Pas de grosses côtes. C'est doucement vallonneux mais encore le vent de face. On roule parfois à 12 km/hre sur le plat.

Sur le bord de la route, des manguiers. J'en cueille 4, très dures. Elles mûriront dans mon sac.

En arrivant à Banes, un homme à vélo accoste Greg pour l'emmener à une casa particular. Je lui dis: "No necessitamos une casa. Ya, tenemos una." Il nous dit que oui, c'est la sienne. Je répète, il répète, puis dit: "Vos espera!" OK, là, j'ai compris. Il est venu nous chercher. L'homme de la casa oèu nous étions la nuit dernière a réservé pour nous chez Ilma à Banes. Donc, on le suit. C'est une belle grosse maison coloniale du temps d'avant la révolution. Colonnades et plafonds immensément hauts. Les portes de notre chambre donnent sur une véranda spacieuse, ombragée de vignes fleuries. Après une bonne douche chaude, on va se promener en ville. On mange dans un vrai resto. Crevettes grillées et salade, dos cervezas. Une petite fille en costume d'école entre, se fait embrasser pas un homme qui semble être son père et par l'autre, son grand-père. Elle ressort avec une barre de chocolat. D'autres jeunes viennent acheter des helados (crème glacée). Quatre touristes entrent avec un guide. Ils semblent parler allemand. J'en parle parce que les touristes, à date, sont rares.

Puis, nous allons visiter el museo indio-cubano. On y voit des poteries, des outils et objets religieux ayant appartenu aux indigènes qui se sont fait complètement raser par les envahisseurs. On trouve à Banes une centaine de sites archéologiques. Le guide nous amène ensuite à une boutique-souvenir (j'achète un petit bol) et à une exposition d'oeuvres faites avec des choses de la mer. Amusant, sans plus! Sur la place Marti, l'église oèu Fidel s'est marié et un alcoolique qui nous suit en se montrant la bedaine pour mendier. On continue notre promenade dans la ville. Plein de gens sur les trottoirs, très bien mis, reviennent du travail. Autre parc, autres mendiants et le même que tantôt. Nous a-t-il suivis?

Retour à la casa. Manon nous a envoyé un autre message: gouvernement libéral minoritaire. Charest est rentré, ADQ forme l'opposition. Et ben!



On mange seuls dans notre cuisinette avec service privé: pescado, arroz congri, chicharita de platana y vino de uba (genre de Porto fait à Cuba).

Que ferons-nous demain? Guardalavaca? Probablement. Greg me rappelle deux anecdotes que j'allais oublier. Hier, un vieux, très vieux monsieur nous a salués en disant: "Victoria!" Il a du participer à la révolution celui-là. Et ce matin, en sortant de Mayari, pendant une pause sur le haut de la bute, un autre beau vieux monsieur sort d'on ne sait oèu, nous interpelle, nous dit qu'il connaît des poètes québécois. Il connaît Léo Ferré et il se met à nous chanter une de ses chansons traduite en espagnol avec coeur et passion. Quel beau début de journée!

Monday, April 16, 2007

2007-03-26 de Mayabe à Mayari: 92 km

Température: plusieurs averses chaudes comme en juillet chez nous.

En partant, toute une côte à descendre. Elle me fait peur. Ça commence bien. Je la descends à pied puis j'embarque. Mon frein avant frotte du côté droit. Après quelques kilomètres, au coin de l'autoroute qui entoure Holguin, on s'arrête. On ne sait pas comment arranger mon frein. Un jeune cubain qui s'entraîne pour des compétitions de vélo vient à ma rescousse. Il arrange mon frein en moins de deux (bizarre d'expression). Je saurai comment faire une prochaine fois. Il a fini son entraînement pour la journée, il nous accompagne un petit bout. Il dit être le meilleur cycliste du coin. Il nous quitte à l'intersection pour Mayari.

On voit au loin de gros nuages noirs. On y va quand même et on se fait mouiller plusieurs fois dans la journée. Il y a aussi beaucoup de vent de face. C'est dur mais c'est la première journée, alors on est en forme.

Toutes sortes de véhicules se partagent la route: vélo, autos neuves et très vieilles, camions laissant échapper des fumées noires écoeurantes, chargés de monde ou d'autres choses, de vieux bus bondés de cubains et des autobus de touristes luxueux, des charettes tirées par un cheval maigrichon ou des boeufs soutenant une lourde poutre sur leur cou comme des esclaves.

On arrive assez vite dans les côtes. Je force pas mal. En descendant une côte, je vois quelques petites chevrettes tant sur le côté de la route qu'au milieu de celle-ci. Greg est devant moi. Je le suis. Il passe à côté de la petite chèvre qui le regarde étonnée. Puis, elle me regarde aussi. Elle hésite. Par oèu ira-t-elle? Elle a bien le temps de me voir. Je crois qu'elle va continuer à traverser la rue. Mais, juste comme j'arrive, elle décide de revenir sur ses pas, d'aller trouver sa maman et, je fonce dedans. Je tombe ou plutôt je plonge sur l'asphalte mouillée. Je glisse sur le côté puis m'arrête. Rien de cassé, seulement des égratignures et un guidon croche que je redresse facilement. Je ne vois pas la chevrette. Elle doit avoir plus mal que moi.

Mayari n'arrive pas. J'ai faim. Les côtes, le vent de face et la pluie épuisent. À Cueto, petit village, on s'arrête à ce qui semble être un petit restaurant. Ils n'ont que des "bombones". Le gars nous emmène à une maison oèu on nous offre "arroz congri, huevos y pan con cafe cubano y algunos puros" (riz avec fèves noires, oeufs et pain avec café cubain et quelques cigarres). On mange dans la cuisine au fond de la maison. C'est un spectacle en soi, ce petit coin oèu les vieux chaudrons d'empilent. Sur le poêle, un chaudron plein de arroz congri. On nous demande 10 pesos. Le gars, tellement content, donne des cigarres à Greg. On croit qu'il veut nous les vendre, on refuse. Mais non, il veut vraiment nous les donner. Ce qu'on ne comprend pas sur le coup, c'est qu'il nous a demandé 10 pesos nationales, pas 10 pesos convertibles. Ça veut dire qu'on a payé 24 fois le prix demandé. On les a amplement payés ses cigarres.

Puis, on repart. Il reste 30 km qui nous en paraissent 50. Les fesses se font sentir. Je suis Greg de près pour qu'il me cache du vent. À peine séchés que la pluie reprend. Je me console en me disant que dans quelques jours, sous un soleil écrasant, je vais la regretter cette pluie.

Dernière côte pour Mayari. On voit le village s'étendre du haut de la butte. Enfin arrivés! On se rend à l'hôtel Bitiri, seul endroit oèu dormir selon nos livres. C'est fermé pour cause de rénovation. Un gentil monsieur nous emmène à une casa pariticular (bed and breakfast). Charmant! Il y a déjà 3 autres cyclistes, des espagnols, une femme et deux hommes, des professeurs qui ont pris un mois de congé. Ils font le circuit en sens inverse. Quelle chance! Ils nous donnent des informations précieuses qui nous décident à changer notre itinéraire. Le campismo oèu nous voulions dormir en route est fermé. Il faudrait faire 100 km dans les côtes, sous la pluie, contre le vent pour se rendre à Moa. Pas question! On est en vacances quand même! On nous propose d'y aller en camion en partant à 6h00 du matin. À voir les dits camions, pas tentant du tout. On ira à Banes demain, 58 km, c'est mieux!

Souper aux calmars en sauce avec riz, salade et plantains frits. Cerveza Cristal. Greg adore ses calmars. Quant à moi, la seule odeur me lève le coeur. Alors, Greg se régale pour deux. Un bon brossage de dents est requis pour m'embrasser.

J'essaie de parler avec la dame espagnole. Je la comprends assez bien mais pour trouver mes mots, c'est autre chose.

Je reçois un message texte de Manon L: gouvernement minoritaire sans Charest. Quoi? Ai-je bien lu?

Cuba à vélo

2007-03-25

On est arrivé sans problème à Holguin en avion avec nos vélos. C'est un tout petit aéroport. On y a changé de l'argent, récupéré nos bagages et pris un taxi pour se rendre au Motel Mirador de Mayabe. Très belle place en haut d'un promontoire. Les maisonnettes entourent un vieil observatoire en pierres. Le style est espagnol. C'est propre et confortable. TV, frigo, douches chaudes. Il y a même un bidet. C'est tellement moderne qu'on ne trouve même pas comment allumer les lampes de chevet.


On soupe dehors sous un toit de paille, à la pluie légère. Il fait frais. La serveuse chante et nous dit qu'il fait froid.

Belle vue sur Holguin et les alentours.

On a réussi à monter nos vélos. Greg a perdu un petit morceau de son frein. Il a réussi à le patanter. Puis, c'est la pompe qui a failli lâcher. J'ai graissé les parties avec un bâton de gel solaire et elle s'est remise en fonction. Pas facile de remettre les guidons et d'ajuster les freins. Je me dis encore que j'aurais du prendre un cours de mécanique vélo.

On a entendu plusieurs fois Pancho, un âne alcoolique qui se tient au bar. Il boit environ 16 bière par jour, dit-on. À l'entendre gueuler, il doit être pas mal paqueté (pacté? Bof!).


Pendant le souper, 3-4 chats aux allures égyptiennes sont venus tourner autour de Greg. Pourquoi lui? On mangeait la même chose, du poisson. C'était probablement des chattes!


On a regardé CNN en espagnol diffusé par la ciudad de Mexico et on s'est endormi.